Ce que l’industrie laitière ne veut pas vous dire

Les produits laitiers envahissent les rayons des supermarchés dans le monde entier, et plus encore même en France, où chaque personne consomme en moyenne chaque année près de 30 kg de fromage et un peu plus de 50 litres de lait par an1, sans compter les crèmes, desserts et autres yaourts. Mais les produits à base de lait sont-ils si sains, indispensables, et surtout aussi innocents qu’on voudrait bien nous faire croire ?

L’herbe est toujours plus verte ailleurs…

En regardant l’une des trois images ci-dessous, il y a de fortes chances pour que des mots comme “dessert”, “délice”, “plaisir”, “instafood” ou encore “calcium” soient les premiers à vous venir à l’esprit.

Et pourtant, ne vous y trompez pas car de ces trois produits, tous sont synonymes de souffrance animal. De ces trois produits, tous, sans exception, ont nécessité la séparation, la souffrance, et la mort d’un animal. Difficile à croire ? Et pourtant.

De toute évidence, pour ce qui est de la viande et du poisson, il est plutôt facile de s’imaginer qu’ils proviennent de la chair d’un animal, qu’elle a été coupée de son corps, et donc qu’un animal a du mourrir pour cela. Mais dans l’industrie laitière, les choses sont différentes. Ou du moins, c’est ce dont on essaie de nous faire croire. 

En tant que consommateurs, quand on pense à une brique de lait, on imagine ce liquide blanc à l’intérieur, et une vache, heureuse bien sûr, qui broute dans de verts pâturages. Je ne peux pas vous le reprocher : j’étais comme vous.

Une image idéalisée, faussée, on ne peut plus différente de la réalité. Mais avant d’en venir aux détails, je vous invite tout d’abord à réfléchir à une question très simple.

Du lait de vache pour les… humains ?

Et c’est en essayant de répondre à cette question pourtant peut-être si anodine (mais qui en réalité ne l’est pas) qu’on se rend compte du conditionnement auquel on a été soumis tout au long de notre vie. 

Un conditionnement tel, qu’il nous apparait comme totalement normal, voire complètement sain et indispensable en tant qu’être humain de boire du lait… de vache.

Qui n’a jamais entendu un spot de publicité, ses parents, ou même un médecin en qui nous mettons pourtant toute notre confiance, lui conseiller de boire du lait pour rendre ses os solides ? Ou bien encore qu’il est nécessaire de boire au moins un verre de lait de vache chaque jour pour atteindre sa quantité journalière de calcium ?

À cela, n’étant ni médecin ni nutritionniste, je voudrais mettre fin à ces fausses vérités et répondre avec des faits, très simples, et appuyés par de très nombreuses études :

  • Le calcium se trouve en quantité amplement suffisante dans les plantes2, c’est d’ailleurs en mangeant des plantes que les vaches obtiennent leur calcium. Il n’y a donc aucun besoin de boire du lait.
  • La consommation de produits laitiers est la cause directe de l’ostéoporose, maladie grave qui rend nos os, par définition, moins solides3. Ceci est dû à l’acidité des protéines animales présentes dans le lait, qui force notre corps à relâcher le calcium de nos os pour neutraliser l’acidité de notre corps lorsqu’on consomme du lait.
  • La consommation de produits laitiers est aussi liée au développement de cancer du sein4 et l’ovaire5 chez la femme, ainsi que du cancer de la prostate et des testicules6 chez l’homme, mais aussi de l’hypertension, de l’asthme, l’acné ainsi que de plusieurs maladies artérielles et cardiaques7. Ceci est dû à la quantité astronomique d’œstrogènes (hormones), de protéines animales et de graisses saturées qu’ils contiennent. Car il ne faut pas oublier que le lait est destiné à faire grandir un bébé veau d’une 40aine de kg à un adulte de plus de 600 kg en l’espace de quelques semaines seulement.

Vous trouverez les références des études qui ont été menées à ce sujet à la fin de cet article, mais j’y reviendrai de toute façon plus en détails dans un autre article à venir !

Outre le fait que l’être humain est le seul être vivant sur Terre à boire du lait après l’enfance, c’est aussi le seul être vivant sur Terre à consommer régulièrement du lait provenant d’une autre espèce8

Vu sous cet angle, il y a de quoi être choqué, n’est-ce pas ? Et comment ne pas l’être. Comment avons-nous pu croire en tant que consommateur, tout au long de notre vie, que la consommation de lait provenant d’une autre espèce que la notre – la vache, en l’occurence – puisse être saine, nourrissante et indispensable pour le développement du corps de l’être humain ?

Car soyons honnêtes, quitte à boire le lait d’une autre espèce, ne serait-il pas plus logique de boire le lait d’un chimpanzé, ou encore d’un gorille, avec lesquels nous partageons plus de 98% de notre ADN ? Et pourtant, c’est bel et bien du lait de vache – sous sa forme liquide ou solide – que nous consommons au quotidien.

Mais en fait, d’où vient le lait ?

Premièrement, pour qu’une vache donne du lait, il faut bien sûr qu’elle soit enceinte, ou qu’elle ait récemment accouchée. Oubliez le côté naturel de la chose, car pour une vache née dans l’industrie laitière, l’accouplement n’a décidément plus rien de naturel, et c’est le moins qu’on puisse dire.

Pour qu’un bébé veau puisse naitre, un inséminateur doit enfoncer son bras dans le rectum de la vache, de manière à pouvoir maintenir son col de l’utérus en place et y injecter artificiellement à l’aide d’un pistolet d’insémination le sperme d’un taureau, d’où le nom de la procédure, l’ “insémination artificielle” – aussi appelée “viol” lorsque la victime appartient à l’espèce humaine. Je vous passe les détails. (…)

La vache porte son bébé dans son ventre pendant une période de près de 9 mois, après laquelle elle va donner naissance à son petit.

© Dominion9 (documentaire, 2018)

Dans les quelques heures qui suivent l’accouchement de la mère, le bébé va lui être retiré afin de ne pas gâcher le précieux liquide. Bien sûr, de la même façon que le lait d’une mère humaine est conçu uniquement pour son bébé, le lait d’une vache est exclusivement conçu par nature dans le seul et unique but d’allaiter son bébé veau qui vient de naitre.

Malheureusement pour ces derniers, l’industrie laitière en a décidé autrement, puisque le lait de vache est, aussi improbable que cela puisse paraitre aux yeux de la mère et du bébé veau, exclusivement réservé à la vente et à la consommation de l’être humain.

Inutile de vous dire que pour une mère, qu’elle soit de l’espèce humaine ou bovine, cette expérience est l’une des plus traumatisantes de sa vie. La mère va souvent pleurer pendant des jours, revenant au même endroit où elle a vu son bébé pour la dernière fois, en regardant dans la même direction, dans l’espoir vain de revoir le bébé qu’elle a porté dans son ventre pendant près de 9 mois.

Note: J’ai fais le choix dans cet article de ne pas joindre de vidéos où on peut voir la mise-à-mort d’une vache laitière ou de son veau. Ceci afin que vous puissiez partager cet article avec vos proches, votre famille, vos amis, et même les plus sensibles, vos enfants.

Mais ne vous y trompez pas, l’industrie laitière est l’industrie de la viande. Car chacune de ces innocentes vaches qui ont été exploitées dans l’industrie laitière pendant plusieurs années finiront toutes, ainsi que leurs enfants, dans les rayons d’un supermarché. Ce ne sont pas les videos ni les images, mais bel et bien la réalité, qui est choquante.

En revanche, je vous invite à regarder ce très court extrait (moins de 2 minutes, c’est promis) ci-dessous d’un documentaire diffusé sur France 3 et qui montre la séparation entre la mère et son bébé.

Si vous êtes touché par cette vidéo, et je pense que comme nous vous le serez – parce que la compassion est l’une des valeurs fondamentales de l’espèce humaine – dites-vous que c’est une des étapes nécessaires de ce à quoi vous participer à chaque fois que vous choisissez d’acheter ou de consommer un produit d’origine animale, que ce soit du lait pour verser sur vos céréales le matin, un chocolat au lait, du beurre pour mettre sur vos tartines, du fromage ou un yaourt pour votre dessert.

Pour chacun de ces produits, vous trouverez dans les supermarchés une alternative végétale (à base de plantes) toute aussi délicieuse, pleine de bienfaits pour votre santé et notre planète, mais surtout sans souffrance pour les animaux, parce que ce sont eux les premiers concernés. Pourquoi faire le choix de consommer des produits de souffrance, qui sont factuellement dangereux pour notre santé et notre planète, alors qu’on peut les remplacer si facilement par d’autres et que de nombreuses études vont dans ce sens ?

Et rappelez-vous, si des images sont trop choquantes pour vos yeux, alors pourquoi ne le seraient-elles pas pour vos papilles ?

Une expérience d’autant plus traumatisante pour la mère, qu’elle va être condamnée à la revivre en boucle à raison d’une fois par an. En raison du stress psychologique mais aussi physique auquel elles sont soumises au quotidien, des nombreuses maladies qui les affectent et prolifèrent dans les élevages, ainsi que des fréquentes infections de leurs mamelles, les vaches dites laitières n’atteignent pas l’âge de 10 ans lorsqu’elles sont abattues, alors que leur espérance de vie naturelle se situe entre 20 et 25 ans.

© PETA, Échange de regards dans un camion d’abattage

À l’abattoir, les animaux attendent de longues heures avant d’être tués, et d’où ils peuvent entendre, sentir, et même parfois voir leurs semblables se faire tuer devant eux, toujours contre leur gré.

La réglementation en France impose un étourdissement avec un pistolet d’abattage avant l’égorgement d’un animal, mais les abattages dits rituels – pour les viandes kasher et halal – bénéficient d’une exception et l’animal est égorgé en pleine conscience10, agonisant et se vidant de son sang pendant de longues minutes.

Même pour les abattages traditionnels, la réglementation reste, dans la pratique, souvent non respectée en raison des conditions extrêmes de stress et de peur des animaux, qui comprennent ce qui est sur le point de leur arriver en entendant les cris désespérés des autres victimes, et essaient alors de fuir le sort tragique qui s’impose à eux.

À moitié étourdis pour certains, et en pleine conscience pour d’autres, ils seront ensuite égorgés avant de finir plus tard dans les rayons de nos supermarchés. Pour le simple et unique plaisir de nos papilles.

Et qu’en est-il des bébés veaux ?

À peine debout sur ses quatre pattes, le bébé veau doit déjà faire face à une douloureuse épreuve, celle de la séparation avec sa mère. Son destin est, lui aussi, déjà tout tracé.

Si c’est un mâle, il n’est tout bonnement d’aucune utilité dans l’industrie des produits laitiers, puisqu’il ne sera jamais en mesure de produire du lait. Les veaux mâles sont enfermés dans des abris, en intérieur ou en plein air. Parfois attachés par le cou, ils vont y être engraissés en l’espace de quelques semaines puis envoyés à l’abattoir pour finalement être vendu en morceaux sous l’appellation “viande de veau” avant même d’atteindre l’âge de 3 mois.

L’avenir d’un petit veau femelle est tout aussi sombre, si ce n’est plus. Elle va être séquestrée dans un box, nourrie quotidiennement avec des graines (principalement de soja et de maïs) dans le seul but de les engraisser, ainsi que des anti-biotiques pour limiter la prolifération des nombreuses maladies qui sévissent dans les élevages. 

En Europe, on utilise deux fois plus d’antibiotiques pour les animaux d’élevages qu’en médecine humaine11, créant ainsi un facteur de risque supplémentaire pour la santé humaine.

Une fois l’âge de reproduction atteint, à seulement 6 mois12, des machines de pompage vont chaque jour aspirer tout le lait que son corps s’efforce de produire, et chaque année, elle sera violée de manière systématique – pour qu’elle puisse donner de nouveau naissance à des veaux afin de perpétuer le cycle, purement artificiel, que l’espèce humaine lui a promis.

De la même manière que sa mère elle sera, elle aussi, envoyée à l’abattoir après avoir atteint un seuil d’épuisement psychologique, physique et émotionnel total, ou une fois qu’elle ne sera plus assez rentable pour les éleveurs.

Prise de conscience

La première étape, nécessaire, pour mettre fin à ce conditionnement qui nous est imposé est bien sûr d’en prendre conscience. Sans prise de conscience, il ne peut y avoir de changement.

Vous l’aurez compris, c’est exactement l’objectif de cet article que je voulais informatif, et compréhensible par tous. Il est vrai que l’immense majorité d’entre nous avons toujours cru bien faire, et que les industries et gouvernements s’efforcent encore aujourd’hui de nous cacher la vérité, parce qu’ils savent en connaissance de cause que les consommateurs s’y opposerait de toute leur force.

En faisant le choix de consommer des produits d’origine animale, c’est non seulement notre droit de connaitre la vérité, mais une fois informé il est aussi et surtout de notre devoir de connaitre les conséquences de nos choix, parce que sous l’innocence apparente des produits laitiers, c’est bel et bien la vie d’êtres vivants qui est en jeu.

Ce qu’on peut faire dès aujourd’hui

Dès aujourd’hui, vous avez l’occasion de vous aligner avec vos valeurs, et montrer votre opposition aux industries de l’exploitation animale en devenant végan.

En refusant de payer pour des produits d’origine animale, vous réduisez leur demande, en vous assurant que moins d’animaux sont élevés pour souffrir et mourir dans les fermes et les abattoirs.

En fait, ça n’a rien d’héroïque et ne relève en rien d’un exploit en soit : c’est simplement faire preuve de bon sens, de compassion, et ne pas participer à des souffrances inutiles, et c’est l’une des meilleures choses que vous puissiez faire pour aider à mettre un terme à la cruauté envers des êtres sensibles et innocents.

Pour chaque produit animal, il existe une alternative végétale, tout au aussi délicieuse et plus saine pour notre santé. Essayez un café au lait d’avoine ou de soja, saupoudrez du fromage végétale sur votre pizza, mangez des chocolats végans et versez sur vos céréales l’une des innombrables options de lait végétalien sur le marché.

Avec autant de délicieux produits végétaliens dans les magasins du monde entier, il est plus facile que jamais d’abandonner les aliments d’origine animale, pour commencer votre transition vers un mode de vie plus sain pour votre corps et respectueux de l’environnement, sans participer aux souffrances inhumaines qui sont infligées aux animaux d’élevage.

Votre choix fait toute la différence

Aux États-Unis en 2017, ce sont plus de 6% des américains qui se revendiquaient vegans, contre moins de 1% en 2014. Même chose en Angleterre, où 20% des jeunes âgés entre 18 et 24 ans se déclaraient vegans. Et on peut s’attendre à des chiffres encore plus importants pour 2019.

En suivant un régime vegan, chaque jour, vous épargnez non seulement la vie d’un être innocent, mais économisez aussi l’équivalent de plus de 4000 litres d’eau, de 3m2 de forêt Amazonienne, 20 kg de graines, et l’équivalent en CO2 de près de 10 kg.13

Posez-vous la question avant d’acheter un produit d’origine animale. Suis-je si affamé au point de vouloir mettre fin à la vie d’un animal – ou plusieurs – qui ne demande pourtant qu’à vivre, par simple habitude ou encore pour le simple plaisir de mes papilles ? Est-ce que cette vache et son veau, mais aussi cette poule, ce poisson, ce lapin, ce canard, ce cochon, ou ce mouton sont si différents des chats et chiens que l’on traite comme n’importe quel membre de notre famille ? Pourquoi aimer l’un, mais tuer et manger l’autre ?

J’espère que cet article aura su piquer votre curiosité sur la réalité qui entoure l’industrie des produits laitiers, et surtout vous en apprendre davantage sur le sort cauchemardesque qu’elle réserve chaque jour à travers le globe à des êtres sensibles, innocents, loin des yeux de tous et dans l’impunité la plus totale.

Votre choix fait toute la différence à leurs yeux.

À suivre, des articles sur la santé et l’environnement !

© L214

Dominion, le film documentaire

Pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés et qui ne l’aurait pas encore vu, je vous conseille de regarder le long-métrage documentaire primé Dominion (2018) disponible gratuitement sur Internet, et commenté par les voix de Joaquin Phoenix et Sia, entre autres.

Dominion offre une perspective inédite bien que réelle et tragique, sur l’exploitation animale par l’espèce humaine via des caméras cachées et des drones. Je préfère vous prévenir par contre, ce documentaire n’est vraiment pas facile à regarder.

Références

1. Infographie – Production et consommation de produits laitiers en France, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, 2016
2. Calcium et os solides, Comité des médecins pour une médecine responsable, 2018
3. Santé des os et ostéoporose: rapport du chirurgien général, Département américain de la santé et des services sociaux, 2004
4. Mesure quantitative des métabolites d’œstrogènes endogènes, facteurs de risque de développement du cancer du sein, dans les produits laitiers vendus dans le commerce par LC-MS / MS, Farlow DW, J Chromatogr B, 2009
5. Apports en lait et en lactose et risque de cancer de l’ovaire dans la cohorte suédoise de mammographie, Am J Clin Nutr., 2004
6. La consommation de lait est un facteur de risque de cancer de la prostate dans les pays occidentaux: résultats d’études de cohortes, Asia Pac J Clin Nutr., 2007
7. Régimes alimentaires et insuffisance cardiaque chez les adultes américains sans antécédent connu de maladie coronarienne, Journal du Collège Américain de Cardiologie, 2019
8. Pourquoi les humains sont-ils la seule espèce à boire du lait après l’enfance, Forbes, 2018
9. Dominion (2018) est un long métrage documentaire australien explorant la moralité et la validité de la domination humaine sur le règne animal
10. Article R214-65 du Code Rural français, 2003
11. Premier rapport conjoint de l’ECDC / EFSA / EMA sur l’analyse intégrée de la consommation d’agents antimicrobiens et l’apparition d’une résistance aux anti-microbiens chez les bactéries provenant d’êtres humains et d’animaux d’élevage, EFSA, 2015
12. Âge moyen des vaches laitières au premier vêlage, Réseau laitier canadien, 2015
13. Sustainable Diets: What You Need to Know in 12 Charts, World Resources Institute, 2016

Auteur

J'ai toujours été passionné par les voyages. Aujourd'hui installé pour de bon au Japon après y avoir vécu plus de quatre ans par le passé, j'ai décidé de partager avec vous mon quotidien, mes bons plans et mes coups de cœur, mais aussi mes voyages à travers le monde en compagnie de la femme qui partage désormais ma vie.

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