Quels sont les endroits à éviter quand on est végane au Japon?

Les animaleries

Il n’y a aucun doute sur le fait que les Japonais adorent leurs animaux de compagnie et il suffit de se promener dans la rue pour s’en rendre compte. Mais ne vous fiez pas aux jolies vitrines des animaleries, car la réalité qui se cache derrière cette industrie est la même que dans les autres pays du monde.

Chaque année ce sont près de 200 000 animaux qui sont euthanasiés au Japon – le plus souvent dans des chambres à gaz, une méthode moins coûteuse que l’injection létale – faute de ne pas avoir été vendus à temps ou de ne pas avoir été assez mignon pour séduire la clientèle. Les fermes d’élevage desquelles les animaux proviennent sont elles aussi un lieu de souffrance, et je prévois d’écrire bientôt un article à ce sujet.

Quoiqu’il en soit, si vous souhaitez vivre avec un animal, ne participez pas à cette industrie et choisissez d’adopter un animal en refuge pour leur offrir la seconde chance qu’ils méritent.

Les cafés à animaux

Ces dernières années, les cafés à chat ont été victimes de leur popularité, non seulement auprès des japonais mais aussi des touristes. Depuis, ils en existent pour tous les animaux, domestiques ou exotiques – les chiens, les chats, les lapins, les chouettes, les renards, les castors, les hérissons et même les iguanes.

Bref vous l’aurez compris c’est toute une industrie qui a été créé autour de ces animaux, et je ne vous cacherais pas que leur bien-être est loin d’être une priorité. Plus l’animal est exotique, rare ou kawaii, plus le café génère de profit.

Depuis que nous sommes devenus véganes, nous avons décidé de ne plus participer au financement de cette industrie. Si vous trouvez difficile de résister en voyant leurs petites bouilles sur les photos ou dans les vitrines, dites-vous que ces animaux sont soumis à un stress et une dépression intense du fait des centaines de visiteurs venant les voir, les photographier et les toucher, chaque jour. Ils n’ont pas le temps de se reposer. Dépourvus de liberté, ils sont arrachés de leur habitat naturel, et élevés pour le seul et unique plaisir des visiteurs.

Sachez qu’il existe des alternatives, dont je discute plus en détails dans mon article sur les activités à ne pas manquer quand on est végane au Japon.

Le cirque Kinoshita (et plus généralement les cirques)

Lorsqu’il s’agit d’exploitation animale à des fins de divertissement, le cirque Kinoshita au Japon ne fait malheureusement pas exception à la règle. Les animaux se voient refusés tout ce qui donne un sens à leur vie, comme la possibilité de courir, de jouer ou de socialiser.

Le fouet et les coups sont des pratiques courantes pour entrainer les animaux ou leur apprendre des nouveaux tours. Lorsqu’ils ne sont pas sur scène ou à l’entrainement, les animaux sont enchaînés ou enfermés dans des cages. Les animaux sont soumis à une peur et à un stress extrême et la plupart développent ainsi des comportements anormaux, communément désignés sous le nom de “zoochose“.

Sur une note positive, le cirque allemand Roncalli est devenu en 2018 le premier au monde à offrir un spectacle d’animaux en utilisant exclusivement des hologrammes. Une avancée dont on ne peut que se féliciter et qui devrait trouver écho à travers le monde.

Les promenades à cheval ou à dos de chameau

Il est important de noter que ces promenades sont uniquement motivées par deux variables:

  • D’un côté, maximiser le profit des organisateurs. Les personnes qui organisent ce genre de promenades ne se soucient guère des conditions de vie des animaux. Pour eux, c’est simplement un moyen comme un autre de gagner de l’argent.
  • De l’autre, satisfaire le plaisir du client. Quand un cheval, un chameau (ou un éléphant dans certains pays asiatiques) est monté par des touristes, le but de cette promenade est avant tout de fournir du plaisir au client qui paye.

Au Japon aussi, il existe des endroits où les visiteurs peuvent monter à dos de cheval ou de chameau. En particulier, sur les dunes de sable de la ville de Tottori, au nord du Japon, les visiteurs ont la possibilité d’effectuer des promenades à dos de chameau. Dans la région d’Hokkaido, il s’agit cette fois des chevaux.

Selon moi, il n’y a pas l’ombre d’un doute possible, ces lieux n’entrent pas dans une logique végane. Ces animaux sont bien souvent maltraités et mal nourris. Leur conditions de vie n’intéressent guère les organisateurs qui ne voit que l’intérêt financier de ces animaux. Au fond, même si il étaient bien traités, le problème résiderait toujours dans le fait que l’intérêt de chacun de ces animaux n’entre même pas en considération.

Ils sont attachés et forcés de parcourir des distances plus ou moins longue en portant des charges conséquentes sur leur dos. Il sont restreints de leur liberté de mouvement, leur liberté de vivre et d’aller où bon leur semble, dans le seul but de satisfaire le plaisir ou la fainéantise des visiteurs. Ces promenades leur demandent beaucoup d’efforts, des efforts qu’ils préféreraient bien sûr éviter si ils en avaient le choix.

Les singes de Nagano

Qui n’a jamais vu ces images de petits singes aux joues roses, en train de profiter de l’eau chaude d’un onsen dans les montagnes enneigées de Nagano, au Japon ?

Cet endroit est souvent présenté comme un lieu naturel, sauvage, où les singes se baignent de leur plein gré dans des onsens, et vivent en harmonie avec la nature. Pour mettre les choses au clair, les photos que vous avez sûrement vues dans les guides de voyage, les magazines ou sur les réseaux sociaux sont on ne peut plus éloignées de la vérité.

Déjà parce qu’elles ne montrent évidemment pas les tuyaux, barrières et autres grillages parsemés un peu partout sur la montagne, ni bien sûr le fait que ces sources d’eau chaude ne sont en fait rien de plus que des piscines artificielles, coulées dans du béton.

Mais aussi et surtout parce que, bien qu’ils ne soient pas enfermés dans des cages, les singes sont malgré tout contraints par cet environnement artificiel de passer leur journée autour des onsen, pour les yeux ébahis de voyageurs venus du monde entier pour les photographier. Après tout, une photo est une photo..

Lorsqu’ils essaient de se réfugier dans les hauteurs sur la montagne, les employés n’hésitent pas à les attirer, les siffler, ou à les duper en déposant de la nourriture près des sources.

Zao: le village des Renards

Au Japon, les renards sont considérés comme des créatures magiques, messagers des divinités. Pourtant, un autre exemple qui mérite évidemment d’être cité dans cette liste de parcs à éviter est paradoxalement celui du village des renards, dans la préfecture de Miyagi, où vivent plusieurs centaines d’animaux.

Dans l’enceinte de ce qu’on appelle à tort un village, certains renards sont enfermés dans des cages, ou enchainés, et montrent des signes évidents de stress et de dépression. D’autres sont utilisés en tant que divertissement pour les visiteurs, qui finiraient presque par oublier que le renard est avant tout un animal sauvage.

Les renards ne sont pas d’ailleurs les seuls à vivre dans ce village des renards. À l’entrée, des cochons de Guinée, mais aussi des chèvres sont attachées par le cou. Nous aurait-on menti ?

Enfin, je crois qu’il est important de rappeler que le renard n’est pas un animal qui aime vivre en meute, c’est bien au contraire un animal sensible et solitaire, qui aime passer du temps dans son terrier, seul ou en compagnie de sa famille. C’est d’ailleurs sûrement une des raisons qui explique l’extrême fréquence des bagarres entre renards dans ce village.

En bref, cet endroit est tout sauf respectueux des animaux, et je ne peux que vous déconseiller de vous y rendre tant les conditions de vie de ces animaux sont déchirantes.

Les zoos et les aquariums

Ça peut paraître évident aux yeux de certains, mais je pense qu’il est toujours important de le rappeler. Les zoos et les aquariums n’entrent évidemment pas dans le cadre d’un voyage végane.

En revanche, ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que les dauphins des aquariums au Japon proviennent de la baie de Taiji, ce même endroit où leurs semblables sont assassinés sauvagement pour être ensuite vendus en morceaux dans les supermarchés de la région, au nom de la tradition locale. Si vous voulez en apprendre davantage, je vous conseille de regarder le documentaire The Cove, disponible gratuitement en ligne.

L’archipel est aussi bien souvent critiquée pour la pêche à la baleine, qui est encore autorisée légalement au Japon, mais aussi par des pays comme la Norvège ou l’Islande. Une pratique qui pose un réel débat même au sein de la population japonaise, puisque l’immense majorité des japonais n’ont jamais consommé de viande de baleine au cours de leur vie.

Auteur

J'ai toujours été passionné par les voyages. Aujourd'hui installé pour de bon au Japon après y avoir vécu plus de quatre ans par le passé, j'ai décidé de partager avec vous mon quotidien, mes bons plans et mes coups de cœur, mais aussi mes voyages à travers le monde en compagnie de la femme qui partage désormais ma vie.

Saisissez votre texte et appuyez sur la touche Entrée.