Koyasan: Découverte d’un lieu sacré, au coeur du bouddhisme Shingon

Koyasan

Koyasan, dans la préfecture de Wakayama, est le siège de la secte bouddhiste Shingon au Japon. Il a été fondé en 816 par le moine Kûkai, aussi connu sous son nom posthume Kobo Daishi. Visite de ce lieu sacré, à quelques kilomètres au sud d’Osaka.

Itinéraire depuis Osaka ou Kyoto

Si vous voyagez depuis Kyoto, il faudra d’abord vous rendre à la gare d’Osaka via la ligne JR Sanyô (41 minutes, 560 Yen). Une fois arrivé à Osaka, prenez la ligne (rouge) JR Yamatoji en plateforme 1. Descendez à l’arrêt Shin-Imamiya (14 minutes, 180 Yen).

Un train local à destination de Koyasan

Koyasan est facilement accessible depuis Osaka via la ligne Nankai Koya, au départ des gares de Namba ou Shin-Imamiya. Prenez la ligne Nankai Koya depuis l’une ou l’autre des deux gares jusqu’à la gare de Gokurakubashi (110 minutes, 870 Yen)

À noter que la plupart de ces trains nécessitent un transfert à la gare d’Hashimoto, avec des départs toutes les 20/25 minutes. Il existe aussi des trains express limités (5 départs seulement par jour) qui desservent directement la gare de Gokurakubashi en 80 minutes pour un coût de 1650 Yen.

Depuis la gare de Gokurabashi, prenez le funiculaire pour rejoindre Koyasan (5 minutes, 390 Yen).

Le funiculaire de Gokurakubashi

Une fois à Gokurakubashi, quelques pas seulement vous séparent de la gare du funiculaire pour vous rendre au sommet de la montagne. À moins que vous ne choisissiez un itinéraire pédestre, c’est donc par le funiculaire de Gokurakubashi que se fera votre entrée au Koyasan. Le funiculaire, flambant neuf, a été complètement repensé en 2018.

À votre arrivée en haut, vous serez accueilli par le personnel de la gare du Koyasan. À l’intérieur de la gare vous trouverez une salle de repos, un petit konbini, des distributeurs de boissons et tout un ensemble de fascicules et de cartes (disponibles en anglais mais aussi en français) que je vous conseille d’emporter avec vous.

La gare routière de Koyasan

À l’extérieur de la gare, des bus sont stationnés et partent de manière régulière en direction des lieux à ne pas manquer. Imaginez notre surprise quand nous avons réalisé que les annonces dans les bus étaient faites en français, mais pas en anglais. Étant parti très tôt le matin, nous avons décidé de prendre directement un bus jusqu’à son dernier arrêt pour rejoindre la mausolée de Kobo Daishi, dans le but d’éviter les hordes de voyageurs, puis de faire le reste du chemin à pied.

Le cimetière d’Okuno-in

Pour accéder à la mausolée de Kobo Daishi ainsi qu’au hall de Torodo, il vous faut descendre à l’arrêt Okunoin-mae, c’est-à-dire le dernier arrêt de la ligne de bus au départ de la gare du Koyasan. Le trajet dure une vingtaine de minutes. Vous arrivez alors devant la plus récente des deux entrées du cimetière d’Okuno-in. À proximité vous trouverez plusieurs magasins et restaurants, ainsi qu’un centre d’information.

Entrée du cimetière d'Okunoin

Le cimetière d’Okuno-in est le plus grand cimetière du Japon et compte plus de 200 000 pierres tombales, dont certaines appartenant aux personnages les plus célèbres de l’histoire japonaise.

Il est interdit de prendre des photos ou de fumer dans l’enceinte du cimetière. L’utilisation de votre téléphone est également interdite (mettez-le en mode silencieux) et il vous sera demandé de parler à voix basse. De nombreux panneaux sont là pour vous le rappeler, je vous invite donc à respecter ces quelques règles.

Pour accéder à la mausolée, il vous faudra traverser le pont Gobyobashi. La traversée de ce pont, faisant office de passerelle entre les deux mondes, marque l’entrée dans une zone sacrée. Il est d’usage de faire une salutation avant de le traverser, dans le silence le plus complet.

Le mausolée de Kobo Daishi

Ce lieu correspond à l’endroit ou Kobo Daishi est entré en profonde méditation éternelle. À la mort de Kobo Daishi, ses disciples édifièrent une mausolée, qui est naturellement devenue un lieu de pèlerinage pour de nombreux voyageurs.

L’entrée dans le mausolée même est interdite afin de ne pas déranger Kobo Dasihi, qui selon la légende, serait toujours dans un état de profonde méditation. À ce jour, les fidèles et les moins continuent de le visiter et de lui rendre hommage devant le mausolée, à l’intérieur du temple.

Le hall de Torodo

Le hall Torodo, communément appelé la salle des lanternes, est située juste devant le mausolée de Kobo Daishi. Son nom fait référence aux 10 000 lanternes allumées en permanence dans l’ensemble du hall, accrochées sur les murs mais aussi au plafond. Là encore, les photos sont formellement interdites. Le sol étant fait de tatamis, il vous faudra retirer vos chaussures avant d’entrer.

Le temple Kongobuji

Construit initialement en 816 par Kobo Daishi, le temple Kongobuji fût détruit puis reconstruit de nombreuses fois tout au long de son histoire. Il représente aujourd’hui le siège de la secte bouddhiste Shingon.

Entrée du temple Kongo Buji à Koyasan

Le temple est ouvert jusqu’à 17h mais il vous faudra passer par le guichet avant 16h30. L’entrée coûte 500 Yen pour les adultes, et 200 Yen pour les enfants. Le ticket vous donnera accès au temple ainsi qu’à son magnifique jardin Banryutei.

Vous pourrez alors visiter les différentes pièces qui le composent et leurs sublimes portes coulissantes connues sous le nom de fusuma-e, toutes peintes par des artistes de grande renommée. À noter toutefois que les photos des portes coulissantes sont interdites. Voici donc ci-dessous deux clichés disponibles sur le site officiel de Koyasan – http://www.koyasan.or.jp – pour vous donner une idée de la splendeur des décorations.

Sur votre chemin, vous apercevrez un grand hall. Il s’agit du hall Shinbetsuden. Il fût construit en 1984 pour recevoir les nombreux visiteurs qui se sont réunis à l’occasion des 1150 ans de l’entrée en méditation éternelle de Kobo Daishi.

Juste avant d’y entrer, il vous sera possible de déguster gratuitement un thé vert ainsi qu’un wagashi – un gateau traditionnel japonais. Profitez-en pour faire une petite pause, bien méritée, en vous asseyant sur les tatamis du grand hall.

Thé vert et wagashi à Kongo Buji

Nous continuons ensuite notre visite des différentes salles du temple. Parmi elles, la salle yanagi no ma. Il s’agit de la salle où Toyotomi Hidetsugu – le neveu du célèbre unificateur du Japon Toyotomi Hideyoshi – fût forcé de mettre fin à ses jours.

Plus loin, vous pourrez aussi découvrir la grande cuisine, son immense cheminée et ses fourneaux, où les moines faisaient autrefois la cuisine.

Le jardin Banryuten

Le temple de Kongobuji est également célèbre pour son magnifique jardin moderne. Créé en 1984, le jardin Banryutei est le plus grand jardin de pierres du Japon. Les 140 rochers qui le composent représente deux dragons – un mâle et une femelle – dans une mer de nuages, destinés à protéger le sanctuaire. La roche nécessaire à sa réalisation provient de la ville de Kagawa, et son sable de Kyoto.

Le jardin Banryutei dans le temple de Kongo Buji

La porte Daimon

La porte Daimon est une porte gigantesque haute de 25 mètres, et marquait autrefois l’entrée principale du Koyasan. Des deux côtés de la porte, vous pourrez observer les deux imposantes statues des divinités gardiennes.

La porte Daimon à Koyasan

Sanko no matsu

Après avoir passé deux années à étudier le bouddhisme en Chine, Kobo Daishi lança un object sacré – un vajra – dans la mer quelques instants seulement avant de quitter le pays, ceci dans le but de prophétiser le lieu idéal pour promouvoir le bouddhisme Shingon au Japon. La légende dit qu’à son retour au Japon et alors qu’il méditait au sommet des montagnes, il retrouva le vajra au milieu des feuilles d’un grand pin. Cet arbre est aujourd’hui célèbre sous le nom de sanko no matsu.

Sanko No Matsu à Koyasan

La pagode Konpon Daitô

Haute de 48,5 mètres, la pagode Konpon Daito fût reconstruite en 1937 suite à un incendie. Aux yeux de Kobo Daishi, elle était une représentation de l’univers, et il consacra une grande partie de sa vie à sa construction. Il vous sera demandé de retirer vos chaussures avant d’entrer. Son entrée est payante et coûte 200 Yen.

La Pagode Konpon Daito à Koyasan

Le hall Kondo

Le hall Kondo est le pavillon principal du Koyasan. Bien qu’il fût construit à l’origine par Kobo Daishi, le hall a subi plusieurs grands incendies tout au long de son histoire. Le hall dans son état actuel date de 1932. On y célèbre encore aujourd’hui des cérémonies religieuses de la plus grande importance. Sa visite coûte 200 Yen.

Hall Kondo à Koyasan

À savoir

  • Les photos sont formellement interdites et le silence est de rigueur dans le cimetière d’Okuno-in, mais aussi dans la plupart des temples et mausolées à Koyasan.
  • Pensez à prendre à une carte de Koyasan à votre arrivée dans la gare de Koyasan.
  • Contrairement à ce qui est souvent écrit sur les guides touristiques ou sites Internet, vous trouverez de nombreux restaurants, des boutiques, des konbinis, et des toilettes propres à Koyasan.
  • Prévoyez des baskets ou des chaussures confortables car vous allez beaucoup marcher !
  • Je vous conseille de vous rendre à Koyasan (très) tôt le matin si vous voulez prendre de jolies photos sans être dérangé par les nombreux voyageurs.
  • Vous aurez besoin d’espèces pour payer les tickets de bus, mais aussi l’entrée dans certains temples et halls.
  • La plupart des restaurants à Koyasan propose des plats végétariens.
  • Vous pourrez passer une nuit dans l’un des très nombreux temples présents dans la ville et je ne manquerai pas d’écrire un article à ce sujet.
Auteur

J'ai toujours été passionné par les voyages. Aujourd'hui installé pour de bon au Japon après y avoir vécu plus de quatre ans par le passé, j'ai décidé de partager avec vous mon quotidien, mes bons plans et mes coups de cœur, mais aussi mes voyages à travers le monde en compagnie de la femme qui partage désormais ma vie.

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