Pourquoi tous les écologistes devraient être véganes !

Aujourd’hui la NASA a partagé un cliché depuis la station spatiale européenne, montrant les impressionnants feux de forêt qui détruisent toujours un peu plus la forêt Amazonienne. Depuis, les réseaux sociaux ne parlent que de ça. Que se passe-t-il vraiment ?

La forêt Amazonienne part en fumée

Puisque ça n’a jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui et que c’est un sujet qui me tient vraiment à coeur, j’ai décidé de vous parler dans cet article de notre planète, d’environnement, et pour être plus spécifique vous l’aurez deviné, de changement climatique.

Le cliché ci-dessous est celui que la NASA a décidé de rendre public. Il montre la forêt Amazonienne en proie aux flammes, vue depuis l’espace.

Est-ce que ce phénomène est vraiment nouveau ?

Depuis le début des années 1970, ce sont chaque année plus de 20 000 départs de feu d’origine humaine qui sont recensés.

Ces feux de forêt ne sont pas dûs à la sécheresse. Les agriculteurs et exploitants forestiers incendient délibérément, légalement et illégalement, des endroits stratégiques de la forêt Amazonienne afin de nettoyer les terres et les rendre fertiles pour l’élevage de bovins, utilisés pour la production de viandes et de produits laitiers.

Depuis le début de l’année 2019, L’Institut national de recherche spatiale (INPE) a enregistré plus de 74 000 incendies, soit presque le double (+84%) par rapport à la même période l’an passé1.

Malheureusement, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous et alors que tout le monde ne parle que de l’Amazonie, les forêts tropicales en Afrique et en Indonésie, elles aussi, souffrent. Ce n’est donc pas tant le phénomène en lui-même qui est nouveau, mais véritablement son ampleur.

Carte du monde représentant les feux actifs au cours des dernières 24 heures (NASA, 25 Août 2019)

Les poumons de la Terre en danger

J’ai pu lire récemment dans de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux que les forêts tropicales ne sont pas les poumons du monde. Je ne comprends décidément pas ce désir de minimiser une telle catastrophe environnementale.

C’est pourtant la capacité des forêts tropicales à absorber et stocker le dioxyde de carbone présent dans l’air, puis à produire de l’oxygène qui en font, avec les phytoplanctons des océans, un élément essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Nous savons que ce ne sera pas suffisant

On a tous déjà entendu quelque part que pour sauver la planète, il nous faudrait installer des panneaux solaires sur nos toits, utiliser des ampoules à faible énergie dans nos appartements, et commencer à recycler nos déchets.

Oui, toutes ces mesures sont absolument fantastiques, et représentent évidemment des avancées dans la bonne direction. Bien sûr, le secteur des transports lui aussi comme tant d’autres, mérite une certaine attention, mais pourquoi omettre volontairement la première cause du réchauffement climatique ?

Même les gouvernements ont une duplicité irresponsable, en essayant de déplacer le problème, et en omettant tout bonnement l’une des causes majeures du réchauffement climatique. Cette cause, bien sûr, ils la connaissent, mais se refusent à la nommer. Comme si, au fond, elle était invisible.

L’agriculture animale représente à elle seule plus d’émissions de CO2 que le secteur des transports

Selon un rapport des Nations Unis datant de 2006, le secteur de l’agriculture animale produit plus de gaz à effet de serre que l’ensemble des transports mondiaux combinés (avions, trains, bus, camions, voitures, bateaux, etc). L‘agriculture animale est en effet responsable de plus de 18% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde2, alors que le secteur des transports n’en représente que 13%.

L’élevage de bétail pour la viande, les œufs et les produits laitiers, utilise 70% des terres agricoles et constitue l’une des principales causes de déforestation, de perte de biodiversité et de pollution de l’eau3.

91% de la déforestation en Amazonie est liée à l’élevage

Depuis le début des années 1970, ce sont chaque année près de 15 millions d’hectares de forêts tropicales qui disparaissent de la surface du globe4 sans que personne ne s’en préoccupe. À ce jour ce sont plus de 70% de la forêt Amazonienne qui a été détruite, perdue à jamais, à cause de l’agriculture animale5.

Des pans entiers d’arbres – centenaires pour la plupart – et les écosystèmes qu’ils abritent sont détruits ou brûlés chaque seconde, depuis des dizaines d’années maintenant, dans le seul but d’élever du bétail ou pour la mise en cultures de céréales destinées à les nourrir6.

C’est bien là que se trouve le vrai problème. Une véritable catastrophe environnementale qui prend racine dans notre assiette, et qui ne sert, au fond, que les lobbies, les industries et les gouvernements. Une véritable catastrophe environnementale dont personne nous informe. Notre avenir quant à lui, s’en voit irrémédiablement compromis.

Bien que le soja soit l’une des cultures les plus utilisées sur ces terres défrichées lorsqu’elles ne servent pas de prairies, il faut savoir que plus de 75% de la production de soja à l’échelle mondiale est réservée exclusivement aux animaux d’élevage.7

Et ce, alors que 795 millions de personnes dans le monde n’ont pas de quoi se nourrir8. Le comble de cette hypocrisie à échelle mondiale, c’est que 82% des enfants qui meurent de faim dans le monde vivent dans des pays où les animaux sont nourris de graines et de céréales9, ces mêmes animaux qui sont consommés par les pays les plus riches.

Note: La France importe chaque année près de 2.2 millions de tonnes de soja pour nourrir le bétail français, dont plus de 1,8 millions proviennent du Brésil10.

Un impact irréversible sur la biodiversité mais aussi sur les populations indigènes

Les forêts tropicales représente la moitié de la biodiversité de la planète. On estime que chaque jour, ce sont plus de 100 différentes espèces vivantes (plantes et animaux) qui disparaissent à cause de la déforestation11.

Par la destruction de leur habitat, la consommation mondiale de viande a aussi provoqué la disparition de plus de 90 tribus Amazoniennes12. Leurs descendants avaient pourtant protégé et vécu en harmonie avec la forêt pendant plus de 20 000 ans. Aujourd’hui ils assistent, impuissants, à sa destruction.

La video ci-dessous est tristement représentative de la dure réalité à laquelle doivent faire face les tribus indigènes vivant dans la forêt Amazonienne depuis des décennies.

https://twitter.com/sunrisemvmt/status/1164180958666469376

Cette vidéo a été filmée récemment lors des feux de forêt en Amazonie, et a été partagée des milliers de fois déjà. Pourtant, il faudra bien plus que des likes et des prières sur les réseaux sociaux pour les sauver.

Je vous mets la traduction en français ci-dessous:

Depuis 2 ans, nous nous sommes battus pour préserver notre réserve et ces bandits sont entrés et ont tout brûlé. Ils tuent nos rivières, nos sources de vie, et maintenant ils ont mis le feu à notre réserve. Je voudrais vous prévenir que dès demain nous fermerons toutes les routes et je veux que tous les médias ici le voient.

Un déni à l’échelle mondiale

Les gouvernements et les lobbies ne veulent pas prendre le risque d’informer les populations parce que les conséquences sur leur profit serait évidemment colossales ; oubliant au passage que notre avenir et celui des générations futures, lui, n’a pas de prix. Ils se rejettent la faute, relativisent, détournent la vérité, pire, ils nous mentent, en prononçant des discours sur le climat en discordance totale avec leurs actes.

Les populations des pays les plus développés ont tout autant leur part de responsabilité. Ce sont ces pays (nous) qui participent le plus au changement climatique par leurs modes de vie, mais eux non plus, ne veulent décidément pas changer leurs traditions, leurs habitudes. Parce qu’après tout, c’est comme ça qu’ils ont grandis et qu’ils ont toujours vécu.

Les motivations financières des gouvernements, des industries et lobbies sont-elles si précieuses à leurs yeux au point de vouloir sacrifier l’avenir de la planète ?

N’est-il pas trop facile de remettre la faute sur les autres, alors que nous aussi, avons le pouvoir de changer les choses en une poignée de secondes ?

Pouvons-nous vraiment, en tant que consommateurs, justifier la destruction de la planète à tant de niveaux, pour de simples choix personnels et par peur de devoir changer nos habitudes, nos traditions ?

Un consensus scientifique qui ne laisse plus de place au doute

Au fond, c’est comme si personne ne voulait vraiment croire au réchauffement climatique. Pourtant, ce sont bel et bien nos habitudes au quotidien qui nourrissent le réchauffement climatique, qui induisent la cruauté envers des êtres vivants, et génèrent des inégalités profondes à travers le monde.

L’ONU a d’ailleurs récemment mis en garde le monde en admettant que la seule et unique solution pour mettre fin au changement climatique et sauver la planète est d’adopter un régime végétalien13.

Une réduction conséquente des impacts du changement climatique ne sera possible qu’avec un changement du régime alimentaire mondial, en arrêtant la consommation de produits d’origine animale. (ONU, 2019)

Les experts et scientifiques du monde entier estiment que les deux prochaines années seront décisives pour l’avenir de la vie sur la planète Terre14. Et comment ne pas être alarmiste, alors que plusieurs études prévoient d’ores-et-déjà l’extinction des poissons dans les océans pour 2048 en raison du réchauffement climatique et de la surpêche15 ?

Mais alors qu’est-ce qu’on attend ?

Alors si vous voulez vraiment avoir un impact sur le changement climatique, nul ne sert de trouver des excuses. Le changement ne viendra certainement pas des gouvernements ni même des industries qui ont beaucoup trop à perdre.

Nous, en revanche, avons tout à gagner. Et nous avons le pouvoir de changer les choses. En reconsidérant simplement notre façon de manger, nous avons la possibilité de choisir l’avenir de la planète, pour nous et les générations à venir, pour l’ensemble des êtres vivants.

Mettons fin à cette hypocrisie avant qu’il ne soit trop tard, et alignons-nous dès aujourd’hui avec nos valeurs fondamentales, que ce soit pour notre santé, pour les animaux, ou pour sauver la planète.

Le temps manque, nous devons changer, et ne pas avoir peur de le faire.

Références

  1. National Institute for Space Research (INPE), 20 August 2019
  2. “Livestock’s Long Shadow: environmental issues and options”, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome (2006)
  3. “The Habitable Planet. Unit 9: Biodiversity Decline, Habitat Loss: Causes and Consequences”, Annenberg Learner
  4. “Measuring the Daily Destruction of the World’s Rainforests”, Scientific American
  5. Global Forest Atlas, Yale School Of Forestry & Environmental Study
  6. Beef: The Prime Cause of Deforestation in the Amazon, Inside Climate News, May 2009
  7. “The Growth of Soy, Impacts and Solutions”, WWF Report, 2014
  8. Statistiques sur la faim dans le monde, World Food Programme (WFP), 2019
  9. “Improving Child Nutrition: The achievable imperative for global progress”. UNICEF. April 2013, “Global livestock production systems”. Food and Agriculture Organization of the United Nations. Rome 2011.
  10. Mighty Earth, 2010
  11. “Measuring the Daily Destruction of the World’s Rainforests”, Scientific American
  12. Roberts, R. “Amazon Rainforest”, Tropical-Rainforest-Animals.com
  13. United Nation’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), Geneva, 2019
  14. https://www.bbc.com/news/science-environment-48964736
  15. Worm, B. Science, Nov. 3, 2006; vol 314: pp 787-790. News release, SeaWeb. News release, American Association for the Advancement of Science.
Auteur

J'ai toujours été passionné par les voyages. Aujourd'hui installé pour de bon au Japon après y avoir vécu plus de quatre ans par le passé, j'ai décidé de partager avec vous mon quotidien, mes bons plans et mes coups de cœur, mais aussi mes voyages à travers le monde en compagnie de la femme qui partage désormais ma vie.

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